"Comment j'ai réglé la crise": La gestion des ressources humaines dans une entreprise, c'est parfois l'enfer. "affaires plus" - 05/2010 -

affaires plus - mai 2010, page 38 et 39
(C) 2010 - Transcontinental.ca - NVallerand & Relais Expert-Conseil.
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Employé ivre, cadre incompétent, saboteur...
La gestion des ressources humaines dans une entreprise, c'est parfois l'enfer. Des consultants racontent un de leurs cas lourds. Et comment ils l'ont réglé.
L'intervention: dans l'immédiat, que faire? La responsable des RH appelle Luc Chabot, qui lui explique la procédure à suivre pour protéger à la fois la sécurité de Mario et celle de ses collègues, et pour éviter que le syndicat ne dépose un grief. Sur ses conseils, le superviseur retire sur-le-champ Mario de son poste de travail en lui faisant part de ses observations: "Je te renvoie chez toi parce que tu représentes un danger pour la santé-sécurité. Tu sens l'alcool et tu as les yeux rouges. D'ailleurs, tu as admis avoir consommé de l'alcool." Puis, il le fait raccompagner à son domicile par l'agent de sécurité de l'entrepôt. "Une entreprise qui laisserait partir un employé ivre sans l'accompagner s'exposerait à des poursuites si un accident survenait", indique Luc Chabot. Le superviseur consigne ensuite en détail par écrit la situation et l'intervention, une précaution nécessaire dans des cas semblables.
Le lendemain, le superviseur et la responsable des ressources humaines convoquent Mario. Ils résument les faits de la veille et lui proposent l'aide d'un professionnel. "Comme l'entreprise ne sait pas si Mario a un problème d'alcool ou non, elle doit agir avec prudence, comment Luc Chabot. Si elle le sanctionne et qu'il a une dépendance, elle n'accompli pas son devoir d'accomodement. Elle peut se faire taper sur les doigts." Mario est peu loquace, mais accepte de rencontrer Relais Expert-Conseil, qui confirme sa dépendance à l'alcool.
"Il avait de graves problèmes de jeu, ce qui le menait à consommer de plus en plus, dit Luc Chabot. Jusqu'ici, il était parvenu à donner le change au travail, mais ce n'était qu'une question de temps avant que tout éclate. Chose certaine, il représentait un risque pour la santé-sécurité." Le consultant recommande un arrêt de travail et une cure fermée de désintoxication, accompagnée d'une thérapie pour le jeu pathologique.
De concert avec Luc Chabot et des avocats, l'entreprise élabore une nouvelle politique sur l'usage des drogues et de l'alcool, ainsi qu'un plan pour la diffuser auprès des travailleurs. "L'ancienne était pleine de lacunes et prenait la poussière dans les tiroirs!" Puis, l'entreprise détermine la marche à suivre en cas de toxicomanie au travail et forme ses superviseurs à cet effet.
Les résultats: Mario a suivi la thérapie avec succès et il est de retour au travail depuis quelques semaines. Les superviseurs savent maintenant quoi faire si une situation semblable se reproduisait. "En matière de toxicomanie, on ne peut ni improviser, ni copier-coller la politique d'une autre entreprise. Plusieurs lois sont concernées : la Loi sur la santé et la sécurité du travail, la Charte des droits et libertés, le Code criminel... C'est complexe. Certaines entreprises l'apprennent à leur dépens."
La dépendance à l'alcool ou aux drogues est considérée comme un handicap au sens de la loi. Par conséquent, une entreprise ne peut pas congédier un employé sous prétexte qu'il se présente au travail intoxiqué. "On ne peut pas mettre fin à l'emploi de quelqu'un parce qu'il est handicapé, explique Luc Chabot, président de Relais Expert-Conseil. On a un devoir d'accomodement." Le cas de la toxicomanie en milieu de travail sont donc à traiter avec une extrême prudence.
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affaires plus - mai 2010, page 38 et 39
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Employé ivre, cadre incompétent, saboteur...
"Comment j'ai réglé la crise"
Entrevue avec Luc Chabot / Relais Expert-Conseil
La gestion des ressources humaines dans une entreprise, c'est parfois l'enfer. Des consultants racontent un de leurs cas lourds. Et comment ils l'ont réglé.
Ivre au travail
Le problème: comme d'habitude, le superviseur de distribution du secteur alimentaire réunit ses homme au début du quart de soir pour planifier le travail. Sauf que ce soir-là, une odeur d'alcool flotte dans l'air. Elle émane de Mario*, un opérateur de chariot élévateur de 39 ans. Celui-ci admet avoir pris quelques bières, tout en affirmant : "y'a rien là, j'suis ben correct". C'est la première fois que le superviseur est aux prises avec une situation semblable, et il sait qu'il a besoin de tous ses hommes ce soir-là. Il laisse donc Mario travailler. Mais il est secoué. Il prend contact avec la responsable des ressources humaines, qui lui dit que la politique de l'entreprise interdit de se trouver sur les lieux de travail en état d'ébriété. Si un accident survenait, l'entreprise et le superviseur pourraient être tenus responsables. Les employeurs ont en effet le devoir de mettre tout en oeuvre pour protéger la sécurité de leurs employés. "Ce qui veut dire que l'usage de drogues et d'alcool dans les environnements où il y a des enjeux de santé et de sécurité est banni, comme dans les entrepôts et dans les usines", explique Luc Chabot (président et chef de la direction de Relais Expert-Conseil).L'intervention: dans l'immédiat, que faire? La responsable des RH appelle Luc Chabot, qui lui explique la procédure à suivre pour protéger à la fois la sécurité de Mario et celle de ses collègues, et pour éviter que le syndicat ne dépose un grief. Sur ses conseils, le superviseur retire sur-le-champ Mario de son poste de travail en lui faisant part de ses observations: "Je te renvoie chez toi parce que tu représentes un danger pour la santé-sécurité. Tu sens l'alcool et tu as les yeux rouges. D'ailleurs, tu as admis avoir consommé de l'alcool." Puis, il le fait raccompagner à son domicile par l'agent de sécurité de l'entrepôt. "Une entreprise qui laisserait partir un employé ivre sans l'accompagner s'exposerait à des poursuites si un accident survenait", indique Luc Chabot. Le superviseur consigne ensuite en détail par écrit la situation et l'intervention, une précaution nécessaire dans des cas semblables.
Le lendemain, le superviseur et la responsable des ressources humaines convoquent Mario. Ils résument les faits de la veille et lui proposent l'aide d'un professionnel. "Comme l'entreprise ne sait pas si Mario a un problème d'alcool ou non, elle doit agir avec prudence, comment Luc Chabot. Si elle le sanctionne et qu'il a une dépendance, elle n'accompli pas son devoir d'accomodement. Elle peut se faire taper sur les doigts." Mario est peu loquace, mais accepte de rencontrer Relais Expert-Conseil, qui confirme sa dépendance à l'alcool.
"Il avait de graves problèmes de jeu, ce qui le menait à consommer de plus en plus, dit Luc Chabot. Jusqu'ici, il était parvenu à donner le change au travail, mais ce n'était qu'une question de temps avant que tout éclate. Chose certaine, il représentait un risque pour la santé-sécurité." Le consultant recommande un arrêt de travail et une cure fermée de désintoxication, accompagnée d'une thérapie pour le jeu pathologique.
De concert avec Luc Chabot et des avocats, l'entreprise élabore une nouvelle politique sur l'usage des drogues et de l'alcool, ainsi qu'un plan pour la diffuser auprès des travailleurs. "L'ancienne était pleine de lacunes et prenait la poussière dans les tiroirs!" Puis, l'entreprise détermine la marche à suivre en cas de toxicomanie au travail et forme ses superviseurs à cet effet.
Les résultats: Mario a suivi la thérapie avec succès et il est de retour au travail depuis quelques semaines. Les superviseurs savent maintenant quoi faire si une situation semblable se reproduisait. "En matière de toxicomanie, on ne peut ni improviser, ni copier-coller la politique d'une autre entreprise. Plusieurs lois sont concernées : la Loi sur la santé et la sécurité du travail, la Charte des droits et libertés, le Code criminel... C'est complexe. Certaines entreprises l'apprennent à leur dépens."
La dépendance à l'alcool ou aux drogues est considérée comme un handicap au sens de la loi. Par conséquent, une entreprise ne peut pas congédier un employé sous prétexte qu'il se présente au travail intoxiqué. "On ne peut pas mettre fin à l'emploi de quelqu'un parce qu'il est handicapé, explique Luc Chabot, président de Relais Expert-Conseil. On a un devoir d'accomodement." Le cas de la toxicomanie en milieu de travail sont donc à traiter avec une extrême prudence.
Pour en savoir plus:
- Gestion des dépendances dans le cadre d'un Programme d'Aide aux Employés (et à leur famille) PAE(F)
- Formation en matière de gestion, prévention, intervention et traitement des dépendances
- Formation en gestion et prévention des conflits
- Évaluation et expertises dépendance(s) : alcool, drogues, médicaments, jeux pathologique, etc
- Enquêtes, médiation et gestion des différends reliés aux problèmes de toxicomanie en entreprise
- Interventions de crises et post-traumatiques
- Toxquebec - La référence québécoise en matière de toxicomanie
- Centre québécois de lutte aux dépendances - CQLD
- Maison Jean Lapointe
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Les Affaires Plus : Reportage Luc Chabot